un-espace-de-poesie

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“ je n’suis qu’un escroc solitaire, un truand qui blanchit du vent, qui blanchit des mots & du vent”

 

 H.F.Thiéfaine

 

 

 

Je me suis retourné

Je me suis retourné sur son passage pour voir la forme de son corps et la grâce de son pas délicat. Je me suis retourné pour voir ses jambes... Et plus encore. Je me suis retourné pour ne plus voir le monde qui m'attend un peu plus loin. Pour oublier mes tracas quotidiens et me perdre une fraction de seconde dans l'intimité furtive des courbes de son corps, avant qu'il ne disparaisse. Je me suis retourné sur une fille dans la rue dont je venais de croiser le regard, un regard un peu rê...

L'amant

Au bout de la rue, il y a la maison. La maison dont les volets sont encore clos. Derrière les volets, il y a la chambre. Et dans la chambre, il y a le lit. Sur le lit, il y a un drap. Et sous le drap, il y a toi, toute endormie. Au bout de la rue, je me retourne pour voir la maison aux volets clos. Cette maison où je t'ai abandonnée à tes rêves, pour m'en aller, au gré des rues de cette ville encore somnolente... Et quand l'aube douceâtre en blanchira le ciel. J'aurai disparu, là...

Si tu peux entendre

  Si tu peux entendre, quelque part dans mes silences, le chant de l'oiseau blessé retrouvé au coin de la rue un matin d'hiver et le son de la cloche fêlée de l'église du village derrière laquelle on se cachait pour ne pas aller à l'école. Si tu peux entendre le miaulement plaintif du chat affamé qui insistait derrière la porte de la maison le soir de Noël et le timbre fragile de la voix fatiguée de nos aï...

Raser les murs

Je rase les murs pour ne pas être vu, pour aller en paix sur le sentier hasardeux d'une errance silencieuse où je cogite comme un damné obsédé par ses fantômes intérieurs. Je rase les murs avec des mélodies qui tournent en boucle dans ma tête, avec des souvenirs qui me font sourire, avec des visages et des regards qui ont la profondeur fascinante du désespoir. Je rase les murs et vous ne me voyez pas... Ni moi, ni les traces que je laisse dans la neige fraî...

Non lieu

Dans le non lieu de tes bras, j'ai oublié mon enfance. J'y pense encore parfois, avide de ta présence.   Dans ce monde où s'entête le vide, le temps sournoisement s'étire et me contamine d'un ennui qui me rappelle à la faille de tes lèvres où nos silences s'éternisent, quand nos coeurs, trop farouches, s'abîment dans leurs errances.   ©Un espace de poésie     Summer evening by E.Hopper  ...

 

 

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Photo : Marine Petit